24 mai 2007
Une bibliothèque avec un drapeau dedans et un mec à côté.
Mon Dieu, cette photo est une véritable catastrophe.

Composition über-merdique comme c'est pas permis. C'est une œuvre digne d'un touriste en short photographiant un mannekenpis en passant devant par hasard. Tout est bancal, rien n'est cadré, rien n'est harmonieux dans les dispositions, rien n'est distribué intelligemment, tout est malhabile et malvenu, bref, rien n'a été pensé. Du boulot de sagouin torché en dix minutes, c'est minable. Déjà qu'on a pas un président terrible, mais en plus – les salauds – ils ne nous l'ont pas soigné pour sa pose officielle. C'est ni fait ni à faire.
Autopsie d'un cataclysme artistique : suivez mon regard et mon raisonnement :
1. Le fond : Les erreurs de la bibliothèque.
Première erreur :
Tous les bouquins sont impeccablement rangés dans cette bibliothèque. Ça ferait un bel arrière-plan, uniforme, ordonné, à la fois neutre et chatoyant par ses ors. Le genre de décorum idéal pour mettre en valeur la prestance d'une sihouette. Le pauvre débile qui tenait l'appareil photo, tout ce qu'il trouve à faire, c'est planter son Polaroïd Junior juste à l'endroit où il y a un bouquin de travers. Et pas vraiment discrètement, puisque le bouquin de travers [en fait, de face, mais il fait terriblement désordre], c'est celui qu'ii nous met en plein milieu de sa photo. Vachement esthète, le stagiaire de service. Et c'est pas vraiment élégant non plus, puisque le bouquin de travers ne sert même pas à enrichir le jeu de la composition en se trouvant dans un endroit qui lui donnerait sa pleine existence : c'est une pollution inutile, absurde et anecdotique qui vient se poser comme du guano juste à côté du centre d'intérêt majeur du sujet : la Tronche du Président [génuflexion]. Résultat : la dorure du bouquin, censée être une anecdote de fond, devient une tâche lumineuse qui éclipse complètement le regard du Bonhomme par son éclat jaune. C'est pas très malin. En regardant furtivement, ça lui fait une grosse oreille exactement symétrique à l'autre, et nous offre la fausse joie de voir Bayrou Président le temps d'une seconde illusionniste.
Deuxième erreur :
Cela induit un conflit violent : l'arrière-plan fait irruption dans l'avant-plan à l'endroit de la tache lumineuse de la couverture [à cause de cette tache lumineuse] : l'espace est brutalement comprimé en un point crucial : celui où le FOND et la FORME devraient au contraire avoir précisément le plus de distance. On a l'impression d'avoir photographié une bibliothèque avec un mec dedans, plutôt qu'un mec dans une bibliothèque. Ça donne aussi l'impression qu'on nous suggère d'associer la Tête Présidentielle [génuflexion] à une couverture de bouquin, les deux se répondant étrangement par leur proximité optique. Et je vois pas le rapport entre les deux, ni l'intérêt. C'est totalement con.
Troisième erreur capitale :
Ce que n'explique pas la notice de l'appareil photo [trouvé dans un Kinder Surprise le matin même], c'est l'art de composer des surfaces. En l'occurence, le fond de la bibliothèque est composé de deux surfaces : le grand rectangle du haut [avec les rayonnages de livres], et le rectangle du bas [avec les boiseries]. Le rectangle du haut est presque un carré : presque, et c'est bien dommage, parce qu'un rectangle qu'on sait pas trop si c'est un rectangle ou un carré, ça donne pas des proportions très heureuses. C'est assez moche. Enfin bref, ce qu'il faut retenir surtout, c'est que la ligne de séparation des deux zones de l'arrière-plan nous offre, aussi certainement qu'inconsciemment, l'image d'une ligne d'horizon sur laquelle l'œil s'appuie pour construire un espace structuré dans notre cerveau. Et c'est là qu'il faut parler du chapitre deux :
2. Le mec sur la photo.
La ligne d'horizon est capitale : c'est elle qui détermine la hauteur de l'espace et des objets de la composition. Regardez où est planté le mec sur la photo : on a l'impression qu'il est minuscule, parce qu'il est écrasé, dominé par la zone d'arrière plan au-dessus de l'horizon : il ne fait pas le poids, clairement. La silhouette est cadrée bien trop bas, on se demande toujours si c'est pas plutôt une bibliothèque qu'on prend en photo, fortuitement habitée par un mec qui était dans le champ. En plus, comme cette zone dominante paraît plus éclairée que le sujet en avant-plan, on est encore en situation de conflit spatial où le derrière est projeté devant.
De deux choses l'une : soit on cadre vraiment le mec [on rabote toute la partie haute de la photo qui ne nous montre rien d'intéressant, et qui paraît BEAUCOUP trop vaste par rapport à la stature du bonhomme], soit on cadre franchement une bibliothèque [et on déplace le mec hors du centre du cadre]. Bref, c'est pas très heureux, tout ça. Les diplômes de photographe, ça se trouve dans les Happy Meal, on dirait.
3. Les drapeaux dans la bibliothèque.
Le[s] drapeau[x] [national] est un véritable protagoniste. Avec le mec sur la photo, il forme un joli couple. On croirait voir le marié [en noir, à droite] et la mariée [en robe/burqa multicolore, à gauche] dans une salle de bal, l'un contre l'autre, au moment de se lancer sur la piste de danse pour valser sur l'invalsable Beau Danube Bleu. Regardez bien la main droite de Sarkozy : en douce, il tripote déjà la jarretière.
Bon que dire de ce drapeau ? Qu'il est manifestement un personnage qu'on a fait venir exprès, qu'on a voulu exposer comme une personnalité importante. Pour le coup, c'est assez original, j'en conviens. Mais à vouloir cadrer à tout prix sur un drapeau trop grand, le mini-mec sur la photo s'en trouve encore rapetissé davantage. Et, entre un drapeau surdimensionné et un Président sous-dimensionné [génuflexion], le jeu des hiérachies est complètement foireux ; on ne sait pas ce qu'on doit voir en priorité. C'est la confusion génrale. Non mais il travaille où, ce "photographe" de mes fesses ? À Pif Gadget ?
Conclusion.
Ce portrait est un ratage total, sans dignité, sans envergure, sans intelligence, sans harmonie, sans beauté, sans émotion, sans discours clair, et surtout sans lumière aucune dans le regard de l'UMPiste élu.
PS : Ah oui, il y a un drapeau européen. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, moi ? On n'est plus à une catastrophe près. Quand on se retrouve dans une bibliothèque avec un paparazzi à deux neurones surtaxés pour faire mumuse comme des cons, faut pas s'étonner. Vous auriez préféré la mère Royal dans le portrait ? Elle, au moins, elle ferait pas semblant d'être intelligente.
02:15 Publié dans Fondue | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note



Commentaires
Vous n'avez rien compris Fromage! Regardez de plus près, la tache...oui !! c'est ça!
Et bien...vous ne voyez pas?
Cest un coeur!
Ecrit par : Lorie | 24 mai 2007
Il fait très "petit gros" sur cette photo le Sarko.
Ecrit par : Artemus | 24 mai 2007
Ceci est le premier acte de la Résistance à l'Ordre Gras et Raciste du Plus Grand Fassiste de France (ROGRPGFF, surnommé plus couramment la Gerbe) ! Nous avons déjà réussi à infilter un de nos courageux soldat de la liberté au sein même de la forteresse nazie quoiqu'élyséenne ! Nous vaincrons !
PS : De toute façon, avec un sujet pareil, réussir la photo aurait tenu du miracle :o)))) !
PS2 : Ségolène, reviens..... !
Ecrit par : RockHudson | 24 mai 2007
Bravo Fromage, vous avez brillamment synthétisé la chose et m'avez bien fait rire! Une des connasses de chez Ruquier (oui, j'ai honte, mais que voulez-vous, parfois on se renseigne sur l'ennemi) faisait très justement remarquer hier soir que le drapeau européen posé de cette manière contre le nôtre donnait à l'ensemble un air familier de "star spangled banner", si vous voyez ce que je veux dire. Ca NE PEUT PAS être innocent. Quant à Warrin, la sale tâche qui a appuyé sur le bouton, il nous prouve vraiment qu'on peut faire carrière dans la photo sans savoir en prendre une. Pathétique. Quand je pense à la somme qu'il a du empocher pour un boulot que j'aurais fait mieux que lui, j'ai envie de pleurer.
Lorie --> Si je puis me permettre, c'est ENCORE plus inquiétant quand on sait que c'est un coeur! Répétez cette phrase lentement dans votre tête : "notre président pose officiellement avec un petit coeur doré".
Artemus --> On vous y prend, en train de tirer au flanc! Dites donc, vous auriez un blog à mettre à jour, des fois?
Ecrit par : TheNightWatch | 24 mai 2007
Merci ;)
Ecrit par : Zonenoire | 24 mai 2007
@The NightWatch
"le drapeau européen posé de cette manière contre le nôtre donnait à l'ensemble un air familier de "star spangled banner"
Hé bé... On pourrait aussi y voir de la propagande nauséabonde pour l'Hollywood bushiste (Association d'idées : livres + nain + gros con = prof + simplet = "Blanche-Neige" = Disney = Hollywood)...
Mon Dieu, mon Dieu, je pense comme une femme de gauche ? Vite, vite, où l'ai-je rangé... PAN !
Aaaahhhh....
Ecrit par : RockHudson, DCD | 24 mai 2007
TheNightWatch, j'ai répété "notre président pose officiellement avec un petit coeur doré"; Est-ce qu'il doit se passer quelque chose?
Ecrit par : Lorie | 24 mai 2007
Sur la deuxième erreur: en fait il y a une volonte d'associer la tête présidentielle au bouquin de face. En effet , le symbole sur la couverture est une croix de Lorraine entourée de lauriers...
Sarko se place à l'ombre tutélaire du général de Gaulle.
C'est plein de finesse la com présidentielle. Les conseillers de Sarko n'ont pas vu que la croix de Lorraine était contradictoire avec le drapeau européiste.
La petite croix apparaît donc comme un remord ou un reproche niché au creux de l'oreille présidentielle et qui lui murmure la grandeur, la beauté et l'identité de la France.
Ecrit par : Boucicaut | 24 mai 2007
@Lorie
Votre post est tout simplement génial. Quel élan de sincérité, de naïveté, de fraîcheur ! Un seul mot, BRAVO !
PS : Vous ne l'avez pas répété assez. The NightWatch a dit "lentement". J'ajoute "plusieurs fois". Et, à mon humble avis, on peut le faire à haute et intelligible voix, surtout quand il y a du monde....
PS 2 : Pour une fine analyse psychologique de l'image - j'allais écrire oeuvre - complément indispensable aux observations de F+, allez voir :
http://politikmenkorect.hautetfort.com/archive/2007/05/24/otan-en-emporte-le-vent.html
Ecrit par : RockHudson | 24 mai 2007
Boucicaut,
Merci pour cette précision. Mais, si vous avez raison de souligner que ce détail fait alors beaucoup de sens, je maintiens que ça ne rachète pas la désastreuse composition du "photographe".
Encore un qu'on a embauché parce que c'était un pote et non pas quelqu'un de compétent. C'est la discrimination positive.
Ecrit par : fromageplus | 24 mai 2007
Le photographe est un habitué des... stars, genre Loana et Jennifer. La classe :
http://www.phwarrin.book.fr/photos.htm
Sinon une petite étude comparée ici aussi, et qui va dans le même sens :
http://laboiteaimages.hautetfort.com/
Ecrit par : Axël | 24 mai 2007
Merci Axël,
Comme dirait l'autre con, "Tout le monde en pârle".
Vous remarquerez : plus les Présidents passent, plus ils sont incultes et mesquins. Plus ça va, moins ils ont de goût.
Ecrit par : fromageplus | 24 mai 2007
-> TheNightWatch
Je décompresse en ce moment. Mais je n'abandonne pas le blog. Merci pour vos encouragements. ;-)
J'aime bien votre blog en passant.
Ecrit par : Artemus | 24 mai 2007
D'accord avec vous: le photographe et les conseillers en communication sont particulièrement lamentables. Dans certains cas , manquer de finesse est un crime.
Félicitations pour votre blog.
Ecrit par : Boucicaut | 25 mai 2007
À propos de «tout le monde en parle», même la connerie s'exporte :
http://www.youtube.com/watch?v=yHfCFh9g2aY
:-)
Ecrit par : Qwert | 25 mai 2007
Ils s'embrassent au mois de Janvier,
Car une nouvelle année commence,
Mais depuis des éternités
L'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue,
La mentalité est la même :
Tous des tocards, tous des faux culs.
Ils sont pas lourds, en février,
À se souvenir de Charonne,
Des matraqueurs assermentés
Qui fignolèrent leur besogne,
La France est un pays de flics,
À tous les coins d'rue y'en a 100,
Pour faire règner l'ordre public
Ils assassinent impunément.
Quand on exécute au mois d'mars,
De l'autr' côté des Pyrénées,
Un arnachiste du Pays basque,
Pour lui apprendre à s'révolter,
Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
De cette immonde mise à mort,
Lyrics
Mais ils oublient qu'la guillotine
Chez nous aussi fonctionne encore.
Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
Et le roi des cons, sur son trône,
J'parierai pas qu'il est all'mand.
On leur a dit, au mois d'avril,
À la télé, dans les journaux,
De pas se découvrir d'un fil,
Que l'printemps c'était pour bientôt,
Les vieux principes du seizième siècle,
Et les vieilles traditions débiles,
Ils les appliquent tous à la lettre,
Y m'font pitié ces imbéciles.
Ils se souviennent, au mois de mai,
D'un sang qui coula rouge et noir,
D'une révolution manquée
Qui faillit renverser l'Histoire,
J'me souviens surtout d'ces moutons,
Effrayés par la Liberté,
S'en allant voter par millions
Pour l'ordre et la sécurité.
Ils commémorent au mois de juin
Un débarquement d'Normandie,
Ils pensent au brave soldat ricain
Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
Ils oublient qu'à l'abri des bombes,
Les Francais criaient "Vive Pétain",
Qu'ils étaient bien planqués à Londres,
Qu'y'avait pas beaucoup d'Jean Moulin.
Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est pas la gloire, en vérité,
Et le roi des cons, sur son trône,
Me dites pas qu'il est portugais.
Ils font la fête au mois d'juillet,
En souv'nir d'une révolution,
Qui n'a jamais éliminé
La misère et l'exploitation,
Ils s'abreuvent de bals populaires,
D'feux d'artifice et de flonflons,
Ils pensent oublier dans la bière
Qu'ils sont gourvernés comme des pions.
Au mois d'août c'est la liberté,
Après une longue année d'usine,
Ils crient : "Vive les congés payés",
Ils oublient un peu la machine,
En Espagne, en Grèce ou en France,
Ils vont polluer toutes les plages,
Et par leur unique présence,
Abimer tous les paysages.
Lorsqu'en septembre on assassine,
Un peuple et une liberté,
Au coeur de l'Amérique latine,
Ils sont pas nombreux à gueuler,
Un ambassadeur se ramène,
Bras ouverts il est accueilli,
Le fascisme c'est la gangrène
À Santiago comme à Paris.
Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est vraiment pas une sinécure,
Et le roi des cons, sur son trône,
Il est francais, ça j'en suis sûr.
Finies les vendanges en octobre,
Le raisin fermente en tonneaux,
Ils sont très fiers de leurs vignobles,
Leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
Ils exportent le sang de la terre
Un peu partout à l'étranger,
Leur pinard et leur camenbert
C'est leur seule gloire à ces tarrés.
En Novembre, au salon d'l'auto,
Ils vont admirer par milliers
L'dernier modèle de chez Peugeot,
Qu'ils pourront jamais se payer,
La bagnole, la télé, l'tiercé,
C'est l'opium du peuple de France,
Lui supprimer c'est le tuer,
C'est une drogue à accoutumance.
En décembre c'est l'apothéose,
La grande bouffe et les p'tits cadeaux,
Ils sont toujours aussi moroses,
Mais y'a d'la joie dans les ghettos,
La Terre peut s'arrêter d'tourner,
Ils rat'ront pas leur réveillon;
Moi j'voudrais tous les voir crever,
Étouffés de dinde aux marrons.
Etre né sous l'signe de l'hexagone,
On peut pas dire qu'ca soit bandant
Si l'roi des cons perdait son trône,
Y'aurait 50 millions de prétendants.
Lyrics Mania
Ecrit par : thomas | 25 mai 2007
Excellente analyse ! De plus ça fait du bien à l'âme de lire des blogs comme le tien par les temps qui courrent.
J'ai fait des petites retouches sur la photo officielle pour la rendre plus crédible : http://espace-prive.over-blog.com/article-10537021.html
A bientôt
Ecrit par : Madison | 27 mai 2007
Tout simplement admirable, cet article.
Ecrit par : all | 05 juin 2007
Le drapeau étoilé de l'UE + les rayures du drapeau français font un drapeau US de fortune.
Ecrit par : Béret vert | 08 juin 2007
Je trouvais déjà ce cliché ridicule. Maintenant je sais pourquoi. Merci
Ecrit par : Dragonfly | 27 juillet 2007
Parce que comme dragonfly, je viens de découvrir (via Morts ou Vifs) la photo et cet excellent commentaire.
Je te cite.
Ecrit par : ekkooo | 28 juillet 2007
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